01/06/2025 | Médecine Générale et Familiale, Éducation thérapeutique du patient, Urgences
L’anémie est un trouble érythrocytaire où le sang est incapable de transporter suffisamment d’oxygène pour subvenir aux besoins du corps. Elle peut être due à un taux d’hémoglobine dans le sang trop faible ou à une fabrication d’hémoglobine défectueuse.
1.1.1. Anémie par carence en fer ou anémie ferriprive
Le fer est indispensable pour la fabrication d’hémoglobine. Son apport peut être alimentaire : il provient de l’absorption de viande rouge et de végétaux hautement colorés, mais la majorité du fer nécessaire à l'érythropoïèse provient du recyclage du fer héminique suite à la dégradation des globules rouges par les macrophages tissulaires. C’est une anémie microcytaire hypochrome.
La carence en fer provoque une diminution de la fabrication d’hémoglobine au niveau de la moelle osseuse.
Les causes les plus fréquentes de cette carence sont des pertes sanguines invisibles dues à des saignements faibles mais prolongés (90 % des cas) d’origine gastro-intestinale, gynécologique ou urologique. Cela peut également être dû à des pertes sanguines visibles, d’origine gastro-intestinales avec une coloration des selles noires, ou gynécologiques avec des règles abondantes.
La diminution de la réutilisation du fer est la deuxième cause la plus fréquente de ce type d’anémie. L'absorption du fer étant très limitée, l'organisme recycle et conserve le fer. La transferrine capture et recycle le fer disponible des globules rouges âgés qui subissent une phagocytose. Ce mécanisme fournit environ 97% du fer quotidien nécessaire. La diminution de la réutilisation du fer se produit lors d’infections chroniques : le fer est récupéré par les macrophages et n’est plus redistribué de façon suffisante, échappant ainsi au recyclage.
L’anémie par carence en fer peut également être due à un apport alimentaire trop faible en fer, à une diminution de l’absorption du fer dans le duodénum et dans la partie supérieure du jéjunum. Par exemple, une femme enceinte a des besoins accrus en fer lors de la grossesse ; c’est également le cas en période de croissance.
1.1.2. Anémie par déficit en vitamine B12 et acide folique
La vitamine B12 et l’acide folique sont essentiels à la maturation des érythrocytes. Lors d’un déficit de ces molécules, les globules rouges sont sous forme macrocytaire dans le sang. En effet, pendant l’érythropoïèse plusieurs divisions cellulaires se succèdent et les cellules filles sont plus petites que les cellules mères, car le temps entre chaque division est trop court pour qu’une croissance significative puisse se produire. Or, en cas de déficit en vitamine B12 et en acide folique, des globules rouges macrocytaires font leur apparition car la synthèse d’ADN et d’ARN est ralentie, retardant ainsi la division cellulaire et permettant la croissance cellulaire des globules rouges. Les hématies sont fragiles, et leur durée moyenne de vie est abaissée à 40–50 jours. L'anémie est due à une baisse de la production des hématies et à leur hémolyse précoce.
Anémie par carence en vitamine B12 : l’anémie pernicieuse est la plus fréquente des anémies due à cette carence en vitamine B12. C’est une maladie auto-immune où des auto-anticorps détruisent le facteur intrinsèque (FI) qui permet l’absorption de la vitamine B12.
Les causes de cette carence peuvent être alimentaires, notamment pour les végétaliens stricts, mais peuvent également être dues à une gastrectomie, une gastrite chronique non auto-immune ou encore une malabsorption.
Anémie par carence en acide folique : elle est identique à l’anémie due à un déficit en vitamine B12, mais elle n’est pas associée à une dégénérescence nerveuse médullaire. Les causes de cette carence peuvent être un apport alimentaire insuffisant pendant une grossesse, chez une personne anorexique, alcoolique ou encore chez un nourrisson recevant une alimentation diversifiée tardivement. La malabsorption des folates dans le jéjunum et la prise de médicaments interférents avec le métabolisme de l’acide folique (cytotoxiques, anticonvulsivants) peuvent également être des causes de ce type d’anémie.
1.1.3. Anémie Aplasique
L’anémie aplasique est due à une insuffisance médullaire, c’est à dire qu’il y a un défaut de production des cellules qui circulent dans le sang. Cela implique une baisse du volume des hématies par rapport au volume sanguin, c’est à dire une baisse de l’hématocrite. La majorité des aplasies médullaires sont acquises, idiopathiques le plus souvent, mais certaines peuvent être constitutionnelles (congénitales), ce qui est relativement rare. Il est difficile d’identifier la cause de ce type d’anémie. Cependant, les causes connues incluent la prise de médicaments, l’irradiation par radiations ionisantes, les intoxications chimiques (benzène), les infections virales et les invasions de la moelle osseuse par des cellules cancéreuses.
Les anémies suivantes s’observent quand les globules rouges circulants sont détruits ou lorsqu’ils sont enlevés prématurément du sang car ils sont anormaux, ou encore lorsque la rate est hyperactive (elle a un rôle dans la destruction des globules rouges déficients). Ici les globules rouges sont maturés et non en phase de maturation (hématopoïèse).
1.2.1. Anémie hémolytique congénitale
Ce type d’anémie provient d’une anomalie génétique, elle est donc présente depuis la naissance de l’individu. L’hémoglobine est anormale ou présente une fragilité au niveau de la membrane, ce qui va réduire la durée de vie des globules rouges. Les anémies hémolytiques congénitales les plus fréquentes sont la drépanocytose et la thalassémie.
Drépanocytose : l’hémoglobine anormale est déformée lorsqu’elle est désoxygénée et prend une forme falciforme. Si la proportion d’hémoglobine anormale est élevée alors elle devient falciforme de façon permanente. Elle touche essentiellement les Noirs. Elle permet en revanche l’immunité contre le Paludisme.
Thalassémie : La production de globules rouges diminue alors que l’hémolyse augmente. La rate devient de plus en plus volumineuse et la moelle osseuse va également se développer pour compenser cette hémolyse importante en produisant plus de globules rouges.
1.2.2. Anémie hémolytique acquise
Contrairement à l’anémie hémolytique congénitale, l’anémie acquise n’est pas transmise génétiquement. Elle peut être causée par des agents chimiques (médicaments, produits environnementaux comme le plomb), des erreurs hémolytiques transfusionnelles ou encore à une auto-immunité.
susceptibles d'exercer une influence sur leur fréquence, leur distribution et leur évolution.
Nous avons choisi d’étudier plus précisément les anémies dues à une carence en fer ou anémies ferriprive. Les différents types d’anémie concernent 4,5% des femmes âgées de 18 à 74 ans. L’anémie est plus fréquente chez les femmes non ménopausées et qui appartiennent aux foyers les plus défavorisés. Si l’on se concentre sur l’anémie ferriprive, 3,0% des femmes non ménopausées sont touchées par cette pathologie alors que moins de 0,1% des femmes ménopausées sont concernées. Pour les femmes non ménopausées, la prévalence de cette anémie est en lien avec les revenus du ménage et le nombre de grossesses qu’elles ont mené à terme. Cela est surtout dû à un apport en fer trop faible. En effet, les femmes apportent en moyenne 11,5 mg de fer par jour, alors que les apports nutritionnels conseillés sont de 16 mg par jour pour les femmes non ménopausées et de 9 mg pour les femmes qui le sont. Les deux tiers des femmes ont donc des apports alimentaires insuffisants.
Le tableau ci-dessous montre les différentes prévalences de l’anémie en général, et de l’anémie ferriprive en particulier, en fonction du sexe, et pour les femmes en fonction de leur état, à savoir si elles sont ménopausées ou pas.
Tout d’abord, plusieurs types de personnes risquent de développer une anémie. Les personnes alcooliques dont l’alcool qu’elles ingèrent va altérer les globules rouges, les personnes anorexiques dont l’apport en fer, vitamine B12 ou acide folique, va être insuffisant et les femmes enceintes ou les personnes en pleine croissance qui vont nécessiter d’avantage d’apport de ces molécules pour subvenir à leurs besoins.
La présence d’une maladie chronique, d’une maladie auto-immune qui peut empêcher une bonne absorption ou réutilisation de certains composés, ou d’un trouble gastro-intestinal présentant une hémorragie à ce niveau, peuvent être des facteurs de risques de contracter un type d’anémie.
Des facteurs prédisposants environnementaux comme l’exposition à des produits chimiques au niveau professionnel (plomb) ou la consommation de certains médicaments comme les anti-inflammatoires qui peuvent causer des saignements internes ou interférer avec le métabolisme et l’absorption de l’acide folique, de la vitamine B12 ou du fer, peuvent être à l’origine d’une anémie. L’origine ethnique peut également entrainer des risques comme l’apparition de la drépanocytose chez les Noirs.
La pauvreté et l’inaccessibilité aux services de soins, qui sont des facteurs sociodémographiques, font parties des facteurs de risques ayant un des plus forts impacts sur l’apparition ou le développement d’une anémie, selon une étude menée au Maroc.
L’anémie est une pathologie qui a de nombreuses répercussions sur la vie quotidienne, ce qui nécessite donc des adaptations.
Tout d’abord, cette maladie se déclare généralement chez les personnes qui ont un régime alimentaire contenant peu d’apports en fer ou végétarien ; elle peut également apparaître chez les femmes qui ont des règles abondantes. Plusieurs personnes qui témoignent sur cette pathologie racontent que cela commence souvent par un essoufflement au moindre effort à cause d’une légère arythmie. Ces personnes souffrent également de fatigue intense, et pour les femmes c’est encore plus important pendant les menstruations. Certaines personnes perdent leurs cheveux et les symptômes peuvent aller jusqu’à une sensation de malaise, voire quelques hallucinations visuelles.
Pour tenter de remédier à l’anémie, le médicament utilisé est le Tardyferon B9. Cependant, ce médicament comporte de nombreux effets secondaires, comme la diarrhée, des nausées et un mal au ventre constant.
Certains patients ont donc décidé de stopper le traitement qui les rendait trop malade. Après cet arrêt, les personnes se sentaient bien mieux pendant quelques mois, mais au bout d’un moment les symptômes de l’anémie revenaient, et il était donc nécessaire de reprendre le médicament. C’est donc un cercle vicieux qui se met en place, notamment pour les anémies causées par un manque ou un mauvais fonctionnement de la ferritine (protéine qui fixe le fer), car le fait d’augmenter l’apport en fer par la nourriture ne permet pas de résoudre le problème.
Pour réduire les effets de l’anémie, il est tout de même conseillé d’adopter un régime alimentaire riche en fer. Les principaux aliments riches en fer sont les céréales, les lentilles, les amendes, le soja, la viande rouge et la volaille.
En plus de ces aliments riches en fer, il est également conseillé de prendre 75 mg de vitamine C pendant le repas, afin d’augmenter jusqu’à 12 % l’absorption du fer. Cependant, le thé et le café sont à proscrire, la consommation d’alcool doit être limitée et il faudrait remplacer le beurre par des huiles végétales.
Pour conclure, l’anémie est une pathologie qui touche un grand nombre de personnes en France et dans le monde, bien qu’elle reste méconnue du grand public. C’est une maladie qui peut avoir de nombreuses causes, comme la carence en fer, la carence en vitamine B12, une destruction des globules rouges ou encore une insuffisance médullaire.
Les personnes les plus touchées sont les femmes non ménopausées car elles ont besoin de beaucoup de fer pour conserver leur homéostasie.
Enfin, la population touchée par cette pathologie souffre de fatigue intense, d’essoufflement et dans les cas extrêmes d’hallucinations. Pour réduire les symptômes, il est conseillé de consommer des aliments riches en fer et des compléments aidant la fixation du fer.
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