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Définition

Le bruxisme se définit comme le grincement pathologique ou le serrement involontaire et incontrôlé des dents. Il s’agit d’un trouble dont autant les adultes que les enfants peuvent être inconsciemment atteints. Il peut être diurne et conscient mais surtout nocturne et inconscient. Il est généralement temporaire, mais s’il se prolonge, il nécessite une prise en charge thérapeutique afin d’éviter certaines complications.

grincement dents douleur machoire

En effet, si le bruxisme a pour fonction, durant l’enfance, de déloger les dents de lait, il est censé disparaître à l’âge adulte car il peut causer une dégradation de l’émail des dents, des douleurs vertébrales, des blocages de la mâchoire, des maux de tête, des douleurs et un craquement des mâchoires, une fatigue musculaire au niveau des joues, une perte de dent ou une sensibilité dentaire (au froid, au chaud, ou à la pression).

On distingue différents types de bruxisme :

  • Le bruxisme centré : serrement dentaire sans mouvement latéral. Ce type de parafonction silencieux entraîne presque toujours des douleurs musculaires de l’ensemble des muscles manducateurs, des céphalées bitemporales, des douleurs de nuque ou en chape de plomb sur les épaules, des nausées, des douleurs de l’oreille moyenne, une sensation d’instabilité, parfois des acouphènes.
  • Le bruxisme excentré : il s’agit de grincements de dents avec micro-mouvements latéraux de la mâchoire. Il est fréquent et physiologique durant l’enfance, où son rôle est l’usure des dents de lait.
  • Le bruxisme d’éveil : le sujet bruxe pendant ses heures d’éveil mais généralement il arrive à se contrôler, son incidence est ainsi minime.
  • Le bruxisme du sommeil : il est associé à de longues périodes d’activité musculaire masticatoire alliée à des mouvements anormaux pendant le sommeil, secondaires à des micro-éveils.

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Causes

Les grincements de dents sont essentiellement liés à un stress psychologique ou à un syndrome anxieux, mais le mauvais alignement des mâchoires (dents décalées ou difformes) est une autre cause possible. Le fait de dormir sur le dos ou les périodes d’éveil pendant la phase de sommeil léger (expression plus importante du trouble) participent également au bruxisme.

Il peut aussi être causé par une déglutition atypique et une respiration buccale, un trouble de l’occlusion dentaire, certains antidépresseurs comme la venlafaxine et les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, la prise de stupéfiant comme l’ecstasy ou d’autres stimulants comme la méthamphétamine, un traumatisme cervical (par exemple après un accident).

Pour finir, des études ont montrées que le bruxisme peut aussi survenir chez certains patients souffrant d’une pathologie neuronale, ou psychiatrique, qui sera à l’origine d’un stress. Il peut également être associé à un « toc », un trouble nerveux du comportement.

La consommation de tabac, de café, de thé et d’alcool peut être un facteur de risque accru pour développer un bruxisme

 

Symptômes

Il existe différents symptômes du bruxisme :

  • Des migraines inexpliquées: la plupart du temps au réveil et tout au long de la journée

  • Les dents serrées: C’est la position « au repos » du bruxisme : dents serrées, sans mouvement de la mâchoire. Ce serrement ne provoque donc pas de bruit et est plus discret, il est le plus courant durant le bruxisme d’éveil.
  • Les grincements: La mâchoire se contracte et effectue un mouvement d’avant en arrière, ce qui entraîne un grincement audible des dents les unes contre les autres.
  • L’hypertrophie musculaire : Serrer les dents parfois avec violence peut entraîner des douleurs musculaires, au niveau de la mâchoire et même au-delà (tempes, joues).
  • L’altération des dents : A force de grincer les unes contre les autres, les dents s’usent. Cela peut entraîner une plus grande sensibilité du patient, surtout si l’émail est atteint. Sans oublier des factures, réduction du niveau des dents, et atteintes des nerfs.
  • Un bruit gênant : La personne présentant un bruxisme ne s’en rend en général pas compte d’elle-même, c’est en premier lieu son entourage qui lui fait signaler. Surtout dans le cas du bruxisme nocturne, car si le « bruxisme » ne se réveille pas avec ses bruits de grincements de dent, son ou sa partenaire risque en revanche d’en être incommodé.

 

Conséquences liées au bruxisme :

La conséquence du bruxisme est une usure anormale et excessive des dents. Les patients auront des dents plates et courtes. L’émail puis la dentine vont être usées et le patient va perdre du tissu dentaire. Le bruxisme est susceptible d’entraîner de nombreuses autres complications :

  • L’apparition d’un espace foncé entre les dents et l’os (déchaussement dentaire)
  • Une fonte osseuse autour des dents
  • Une mobilité dentaire
  • Des symptômes osseux (remodelages osseux compensatoires, exostoses, torimandibulaires, lyses osseuses de forme concave, etc.)
  • Des manifestations buccales : lésions sur les lèvres, la langue et l’intérieur des joues, une ligne blanche hyperkeratinisée sur la face interne de la joue
  • Des troubles de l’occlusion dentaire (manière dont les dents mandibulaires s’engrènent avec les dents maxillaires) qui peuvent compromettre la mastication, la déglutition et la phonation
  • Des signes musculaires (douleurs, hypertrophie, hypertonicité, contracture, trismus musculaires de la mâchoire, etc.)
  • Des signes articulaires (douleurs au niveau des articulations temporo-mandibulaires, remodelage des condyles, arthrose temporo-mandibulaire, déplacement des disques articulaires)
  • Une ankylose dentaire, c’est-à-dire la fusion de la dent avec l’os
  • Des facettes d’usure qui donne une impression de dents courtes, élargies et dont les bords s’alignent
  • Un élargissement de l’os alvéolaire (c’est-à-dire l’os qui entoure et maintient la dent sur l’arcade maxillaire)
  • Un déplacement latéral des dents
  • Une usure dentaire (érosion, abrasion, attrition dentaire…)
  • Des difficultés de mastication
  • Une pression sur la face occlusale des dents qui prédispose aux fractures et fêlures dentaires. Celles-ci peuvent faciliter le passage de bactéries pouvant entraîner une inflammation voire une nécrose.

Traitements

Différents traitements sont disponibles pour lutter ou limiter le bruxisme, voici les principaux :

Réduction du stress :

Si le stress est la cause du bruxisme, il faudra s’attaquer à ses différentes sources. A chaque individu sa solution : méditation, relaxation, changements d’emplois du temps voire de travail. Le stress est un instrument qui peut s’avérer bénéfique lorsqu’il est correctement catalysé, c’est son excès sans moyen de le dépenser qui amène notre corps à exsuder par le biais du bruxisme. Il faudra éviter d’autres facteurs de stress, tels que le tabac, une consommation excessive de café, de thé, boisson énergisante ou l’alcool.

Hypnose :

L’hypnose peut, pour les patients réceptifs, s’avérer être une solution efficace afin de limiter le bruxisme inconscient. La hausse de hauteur entre les dents va réduire la douleur musculaire au moment du réveil.

Protections :

La pose de gouttières, des protections sur les dents, vont permettre de limiter les effets des grincements, en protégeant les dents. Les plaques occlusales sont recommandées pour la nuit, ainsi elles évitent la gêne dans la journée, peu d’inconvénients car pas de prise alimentaire durant la nuit et offrent une protection de l’émail des dents.

Séance d’ostéopathie :

Pour améliorer et chercher à stopper le bruxisme, l’ostéopathe va réaliser un travail musculaire, ligamentaire et articulaire au niveau de la mâchoire. En fonction de ce qu’il ressent avec ses mains, il pourra aussi travailler les cervicales, les épaules, le crâne et les autres structures musculaires et viscérales en lien avec la mâchoire.

De plus, l’ostéopathe pourra agir sur le stress et l’anxiété en travaillant sur les structures en lien avec le système nerveux végétatif (système involontaire), en travaillant certains tissus au niveau du crâne et de la colonne vertébrale

Médications :

Les traitements pharmacologiques comprennent des médicaments tels que les benzodiazépines, les anticonvulsivants, les agents dopaminergiques, les antidépresseurs, les relaxants musculaires et somnifères. Toutefois, on sait peu de chose sur l’efficacité, l’innocuité et le suivi à long terme des médicaments employés contre le bruxisme du sommeil.

Injection d’acide botulique :

La toxine botulique est une substance naturelle sécrétée par le Clostridium botulinum qui diminue la contraction des muscles en bloquant la jonction neuromusculaire (action myorelaxante). C’est la propriété relaxante de la toxine botulique qui est recherchée ici. L’injection de toxine, en réduisant l’activité des muscles de la mâchoire, déconditionne la praxie.

L’objectif essentiel de ce traitement est d’empêcher le bruxisme en diminuant suffisamment la force de contraction musculaire des muscles masticateurs.

Le tic (praxie) n’est alors plus possible au bout de quelques jours. Le(a) patient(e) sent sa force masticatoire diminuer progressivement. Les injections intramusculaires de toxine botulique permettent en rétablissant l’équilibre entre les muscles abaisseurs et élévateurs de soulager les douleurs articulaires et musculaires, de corriger l’hypertrophie avec amélioration des contours du visage et de rétablir une cinétique normale des articulations temporo-mandibulaires. C’est un traitement de fond qui agit au long court et diminue tous les symptômes.

Le résultat consiste en la disparition des praxies et des douleurs : il est obtenu trois à quinze jours après les injections. Le résultat obtenu après la première séance dure en moyenne 3 à 6 mois au terme desquels, l’injection doit être renouvelée dans un tiers des cas.

Le botox est résorbable et aucune allergie n’est connue à ce jour.

Le traitement du bruxisme sera réalisé en toute simplicité en une durée moyenne de 20 minutes. Il consiste en des injections dans les muscles responsables du bruxisme, avec de petites quantités de toxine botulique, au moyen de très fine aiguilles après anesthésie locale sur une peu propre et désinfectée. Le patient peut retourner directement à ses activités.

Docteur Marc Adasy. Médecin Généraliste à Empuriabrava et Médecin hospitalier à l’Hôpital de Perpignan, Ancien Médecin Hospitalier au CHU Dupuytren Limoges.

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