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Home » Blog » LA SÉCHERESSE VAGINALE

Définition

La sécheresse vaginale provoque un inconfort intime dans la vie de tous les jours et entache les rapports sexuels : pénétration difficile, douleurs lors du coït et/ou après l’acte… Les relations de couple peuvent vite en souffrir.

Le vagin (organe interne génitale de la femme) est naturellement lubrifié par les sécrétions de sa muqueuse qui sont hormonodépendantes. Cette lubrification augmente au cours des préliminaires des rapports sexuels et sert à les faciliter, en effet, la circulation sanguine augmente, l’humidité est plus importante : le vagin se lubrifie.

Cette lubrification s’accompagne d’une vaso-congestion des parois du vagin qui réduit son diamètre extérieur. Lorsqu’elle est insuffisante, la pénétration peut devenir désagréable, voire douloureuse et être un obstacle à l’orgasme, en effet, le plus souvent les femmes viennent consulter dans un premier temps pour des douleurs lors de la pénétration.

S’il est vrai que le manque de désir influe sur le degré d’humidité du vagin, l’origine de ce problème intime est le plus souvent hormonale : une diminution du taux d’estrogènes, qui permettent le maintien d’une certaine humidité du vagin de la puberté à la ménopause, limite les sécrétions et provoque une sécheresse.

Les sécrétions qui lubrifient le vagin sont produites par la muqueuse vaginale et par les secrétions du col de l’utérus au moment de l’ovulation, ces glandes sécrètent un liquide visqueux, qui s’écoule le long de la paroi et emmène avec lui peaux mortes et germes.

Elles sont composées essentiellement de mucus, d’eau, de sels minéraux et d’anticorps. Ces sécrétions sont sous le contrôle de différents facteurs hormonaux, génétiques, médicamenteux ou psychologiques.

Causes et facteurs de risques

 

De nombreuses causes médico-psychologiques sont responsables de cette sécheresse vaginale :

  • Causes métaboliques:

La ménopause est, sans conteste, la plus fréquente. Après sa survenue, entre 25 et 60 % des femmes seraient concernées par des syndromes génito-urinaires dont le manque de lubrification. La diminution de l’imprégnation hormonale vaginale peut entraîner un retard de la lubrification en période d’excitation. Alors que la femme de 20 ans a besoin de moins de trente secondes pour avoir une lubrification complète, ce même phénomène peut nécessiter plus de deux minutes après la ménopause.

Au moment de la ménopause, la diminution de la production d’œstrogènes entraîne un amincissement de la muqueuse vaginale ainsi qu’une perte d’élasticité et d’hydratation.

  • Causes médicamenteuses :

Tout comme pour les problèmes d’érection chez l’homme, les traitements contre l’hypertension, le diabète, la maladie coronaire, les contraceptifs oraux, les antipsychotiques influeraient sur la lubrification. Les infections urinaires à répétition et les infections vaginales ou encore des médicaments comme les antidépresseurs seraient également pourvoyeurs de troubles de l’excitation. Une prise médicamenteuse qui altère le fonctionnement des hormones sexuelles comme ceux qui permettent de traiter le cancer du sein, l’endométriose ou certains agonistes de l’hormone de libération de la gonadotrophine ainsi que des maladies au long court peuvent influer sur la sécrétion vaginale.

  • Causes physiologiques / psychologiques :

Les soucis et les problèmes de couple rendent le corps et l’esprit moins ouverts à la sexualité et peuvent être responsables de sécheresse vaginale. L’alcool, le tabac, une mauvaise alimentation et la fatigue se révèlent être des causes notables également.

Les femmes sont particulièrement sensibles à l’environnement psychologique. Le stress, l’anxiété ou une mésentente dans le couple peuvent assécher le désir et sa manifestation physique : l’excitation. Pour autant, la lubrification féminine n’est pas automatiquement liée à l’excitation.

De plus d’autres facteurs peuvent expliquer la sécheresse vaginale comme une irritation et /ou une infection de la muqueuse vaginale. En effet l’un des principaux risques est de développer une infection urinaire ou des mycoses. La sécheresse vaginale induit une irritation du vagin et de ce fait, fragilise la muqueuse vaginale et vulvaire. Résultat ? Une personne qui souffre de sécheresse intime est plus vulnérable à la propagation de ces infections.

Le port de vêtements trop serrés et certaines matières de sous-vêtements provoquant des frottements prolongés, des soins intimes trop agressifs : douches vaginales répétées (Pendant la toilette intime, il est vivement déconseillé de nettoyer son vagin. Halte à la douche vaginale car elle perturbe la flore et bouleverse son équilibre. Ainsi la zone est asséchée et on risque de souffrir de sécheresse vaginale. Le vagin est autonettoyant et contient une flore microbienne qui détruit les mauvais germes. On lave donc uniquement la partie externe des organes génitaux, les grandes et les petites lèvres, sans aller au-delà de la vulve, avec un savon de préférence doté d’un pH compris entre 4 et 8 proche du pH du vagin. Il faut aussi éviter les gants de toilette ou les fleurs de douche, qui sont des nids à microbes.)

L’épilation vulvaire (Lorsqu’on s’épile trop et trop souvent les parties intimes, une irritation peut survenir et à force entraîner une sécheresse vaginale, attention notamment aux natures de peaux plus facilement irritées ou fragiles : mieux vaut limiter l’épilation pour éviter la sécheresse)

L’utilisation de tampons durant toute la durée des règles (en plus d’absorber les pertes sanguines, ils absorbent une partie de la flore vaginale et perturbent donc son équilibre.)

Des rapports sexuels répétés et prolongés, des pénétrations trop rapides, sans préliminaires ou encore l’utilisation de préservatifs non lubrifiés peuvent également irriter la muqueuse du vagin.

Chez certaines femmes ont retrouve aussi une sècheresse vaginale pendant la grossesse, après l’accouchement ou pendant l’allaitement.

Principaux symptômes

 

Les symptômes peuvent inclure une sensation de brûlure, une gêne ou des démangeaisons vaginales, des pertes vaginales anormales ou des douleurs pendant les rapports sexuels ou la masturbation.

On retrouve également des douleurs localisées au niveau du vagin, rougeur au niveau des organes génitaux (irritation, léger gonflement), une baisse de la libido, des légers saignements après les rapports sexuels.

 

Diagnostic

 

Pour diagnostiquer une sécheresse intime, le médecin essayera d’en savoir plus sur sa patiente en procédant à un interrogatoire médical (Votre moyen de contraception, l’apparition des symptômes : à quel moment ? Dans quel contexte ? Les éventuels traitements médicamenteux en cours, vos habitudes en termes d’hygiène intime, l’utilisation d’un lubrifiant et en réalisant un examen clinique et gynécologique). Il pourra également faire un prélèvement vaginal ou prescrire un bilan sanguin, avec des dosages hormonaux, pour déterminer l’origine de la sécheresse intime et /ou observer la muqueuse vaginale après avoir inséré un speculum. Cet examen permet de déterminer l’indice d’évaluation de la santé vaginale en observant 5 critères :

  • L’élasticité du vagin

  • Le volume des sécrétions vaginales

  • Le pH vaginal

  • L’intégrité de l’épithélium (ou muqueuse vaginale)

  • L’hydratation

S’il y a des symptômes au niveau urinaire, le médecin pourra demander une analyse d’urines pour s’assurer qu’il n’y a pas une autre pathologie. Généralement, c’est un ECBU (examen cytobactériologique des urines) qui est prescrit. Cet examen réalisé en laboratoire permet de déterminer si des germes sont présents dans les urines et quel traitement utiliser.

 

Traitements

 

On trouve différents types de traitement, adaptés à chaque femme selon sa situation et son âge :

Ovule :

Les ovules permettent de lutter contre la sécheresse vaginale. Ils aident à hydrater et cicatriser la muqueuse vaginale qui peut être très irritée. Ils sont à base d’acide hyaluronique qui favorise la reconstruction tissulaire. Ces ovules s’insèrent dans le vagin avant de fondre. Dans les nouveaux traitements, il existe également les anneaux qui délivrent de petites doses d’œstrogènes pendant trois mois, ce qui peut être pratique et facilité l’observance.

Canule :

Pour améliorer la lubrification vaginale il est aussi possible d’agir plus en profondeur. Les canules vont par exemple permettre une hydratation au niveau vaginal, au niveau interne contrairement aux gels, qui agissent plus au niveau externe.

Crème apaisante :

la crème appliquée localement, souvent à base de plante comme l’aloé-vera ou la coco et /ou acide hyaluronique, permet un soulagement des démangeaisons ainsi qu’une hydratation intense mais temporaire.

Gel lubrifiant :

Le lubrifiant permet d’éviter les douleurs et d’améliorer le confort pendant les relations sexuelles. Il est recommandé d’y avoir recours dès l’apparition des premiers signes d’inconfort. Il faut en appliquer une noisette à l’entrée du vagin au début du rapport sexuel. Les lubrifiants se trouvent en pharmacie ou en grande surface. Les lubrifiants à base d’eau ou de glycérine ont une courte durée d’action, tandis que ceux à base d’acide hyaluronique ou gel d’aloé véra ont une plus longue durée d’action et peuvent être appliqués une heure ou deux avant le rapport. Ils ont une action hydratante et apaisante.

Traitements médicamenteux :

une prescription d’œstrogène peut être prescrite par un médecin. On peut également agir contre la sécheresse intime à plus long terme avec des gélules à prendre en cure. Enfin pour traiter une sécheresse intime plus installée, il existe des crèmes à base d’hormones sur prescription médicale.

Traitement au Laser :

Pour lutter contre la sécheresse intime, il existe aujourd’hui une nouvelle technique. Il s’agit d’un laser, qui régénère en quelques séances les cellules vaginales. Le laser se présente sous la forme d’un tube, que l’on place au fond du vagin. Il est retiré progressivement, centimètre par centimètre au fur et à mesure que ses ondes font effet sur la paroi vaginale.

L’action du laser enlève toutes les muqueuses déshydratées qui recouvrent la paroi vaginale. Ces cellules sont remplacées par les muqueuses sous-jacentes, plus jeunes et hydratées. Stimulée par le laser, la muqueuse du vagin produit alors plus de collagène, d’acide hyaluronique et des fibres élastiques

Traitement par PRP (plasma riche en plaquettes) :

L’injection de PRP est une solution naturelle, sans risque d’allergie, de rejet et ne présentant aucun risque de coagulation du sang ou d’hémorragie, ni d’effet secondaire à long terme.

L’injection de plasma riche en plaquettes favorise la prolifération de cellules souche et une régénération naturelle des tissus.

On réalise un bilan sanguin puis les tubes sont mis dans une centrifugeuse pour séparer les globules rouges du plasma. Après une anesthésie locale ou sous-cutanée et une désinfection soignée sur une peau propre, le concentré plaquettaire est injecté de façon stérile au niveau de la lésion.

Le PRP est un traitement au long court qui reste un des traitements les plus pratiques. En effet les cellules du vagin et les glandes étant regénérées, l’humidification des parties intimes reste constante ainsi les rapports sexuels peuvent se dérouler normalement sans au préalable prévoir du gel lubrifiant ou autre traitement ce qui reste un confort psychologique pour la femme et pour le couple en général. Cette solution offre aux femmes un confort de vie sans médication, sans stress et sans contraintes. Il réduit aussi le risque d’infection urinaire et la gêne quotidienne.

De plus il offre également un confort de vie pour les femmes ménopausées qui comme vu au préalable souffrent de sécheresse dû à la baisse hormonale. Il permet d’avoir un vagin humidifié en permanence ce qui réduit les gênes et les irritations/ démangeaisons.

En résumé c’est un traitement de fond au long court, qui s’adapte à toutes les femmes et permet de retrouver une meilleure qualité de vie.

Docteur Marc Adasy. Médecin Généraliste à Empuriabrava et Médecin hospitalier à l’Hôpital de Perpignan, Ancien Médecin Hospitalier au CHU Dupuytren Limoges.

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