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Qu’est-ce qu’une allergie alimentaire?

Déc 29, 2020 | Médecine Générale, Médecine préventive

allergie alimentaire

L’allergie alimentaire est un ensemble de réactions immunitaires anormales, survenant après l’ingestion d’un aliment particulier. Celui-ci, normalement inoffensif pour l’organisme, est alors appelé « Allergène « .

Introduction

Ce type d’allergie alimentaire se déclare au niveau de la paroi du tube digestif, en deux temps :

  1. Un premier contact avec l’allergène reste sans symptôme. Toutefois, il entraîne une sensibilisation à l’aliment en cause, et la production d’anticorps dirigés contre lui (immunoglobulines E surtout). Ceux-ci se fixent sur les mastocytes (cellules participant à la défense de l’organisme).
  2. Lors d’un second contact avec l’allergène, les mastocytes sont stimulés. Ils libèrent alors des substances comme l’histamine, causant des signes inflammatoires (ex. : rhinite, eczéma)
Il ne faut pas confondre intolérance alimentaire et allergie alimentaire. Il existe des affections parfois confondues avec une réaction allergique alimentaire. Par exemple : L’intolérance au lactose (sucre présent dans le lait), qui provoque gaz, douleurs abdominales et diarrhées et l’intolérance au gluten ou « maladie cœliaque », qui peut également causer des troubles digestifs. Contrairement aux symptômes allergiques qui surviennent immédiatement après l’ingestion de l’aliment en cause, ceux de l’intolérance au lactose ou au gluten apparaissent progressivement et s’installent dans la durée. Les syndromes liés à la consommation d’aliments riches en histamine ou en tyramine. Ces substances se trouvent en abondance dans de nombreux aliments comme le poisson, les fromages fermentés, les salaisons ou dans le chocolat. Chez certaines personnes qui présentent une insuffisance de certaines, ces substances s’accumulent dans l’organisme et peuvent provoquer des symptômes voisins de ceux de l’allergie, souvent cutanés comme l’eczéma, moins fréquemment, respiratoires (comme un asthme). Mais il ne s’agit pas d’une allergie

Souvent, les symptômes sont légers : des picotements sur les lèvres, des démangeaisons ou des éruptions cutanées. Mais pour certaines personnes, l’allergie peut être très grave et même mortelle. Il faut alors bannir l’aliment ou les aliments en cause. En France, de 50 à 80 personnes meurent chaque année des suites d’une allergie alimentaire.

L’apparition des symptômes

Ces allergies apparaissent habituellement avant l’âge de 4 ans. À cet âge, le système digestif et le système immunitaire ne sont pas encore matures, ce qui rend plus susceptible aux allergies.

Vapeurs et odeurs : peuvent-elles provoquer une réaction anaphylactique? En règle générale, tant qu’il n’y a pas ingestion de l’aliment allergène, il est très peu probable qu’il puisse y avoir une réaction allergique grave. Par contre, une personne allergique au poisson peut présenter de légers symptômes respiratoires après avoir respiré les vapeurs de cuisson d’un poisson, par exemple. Quand on chauffe le poisson, ses protéines deviennent très volatiles. C’est pourquoi en cas d’allergie au poisson, on déconseille de faire cuire au four en même temps des filets de poisson et d’autres aliments, afin d’éviter toute contamination. L’inhalation de particules d’aliments peut provoquer une réaction allergique, mais légère. Cela dit, la plupart du temps, sentir dans une cuisine l’odeur d’un aliment auquel on est allergique crée simplement une réaction de dédain, sans véritable réaction allergique

Il n’existe pas de traitement curatif. L’unique solution consiste à bannir la consommation des aliments allergènes.

Les symptômes de l’allergie alimentaire

Les signes d’allergies apparaissent habituellement dans les minutes suivant l’absorption de l’aliment (et jusqu’à 2 heures après).

Leur nature et leur intensité varient d’une personne à l’autre. Ils peuvent inclure l’un ou l’autre des symptômes suivants, seuls ou en association.

  • Symptômes cutanés : des démangeaisons, des éruptions cutanées, des rougeurs, un gonflement des lèvres, du visage et des membres.
  • Symptômes respiratoires : une respiration sifflante, une sensation de gonflement de la gorge, une difficulté à respirer, une sensation d’étouffement.
  • Symptômes digestifs : des crampes abdominales, de la diarrhée, des coliques, des nausées et des vomissements. (S’il s’agit des seuls symptômes détectés, il est rare que la cause soit une allergie alimentaire.)
  • Symptômes cardiovasculaires : une pâleur, un pouls faible, des étourdissements, une perte de conscience.
Remarques: Pour qu’il soit question de réaction anaphylactique, les symptômes doivent être très prononcés. Habituellement, plus d’un système est atteint (cutané, respiratoire, digestif, cardiovasculaire). Pour qu’il soit question d’un choc anaphylactique, il doit y avoir chute de la pression sanguine. Celle-ci peut entraîner une perte de conscience, de l’arythmie et même la mort

Diagnostic

Le médecin débute généralement en se renseignant sur l’histoire personnelle et familiale du patient. Il pose des questions sur la survenue des symptômes, le contenu des repas et des collations, etc. Enfin, il complète son diagnostic en procédant à l’un ou l’autre des tests suivants, selon le cas.

  • Tests cutanés. On applique à différents endroits sur la peau une goutte d’une série de solutions contenant chacune une petite quantité d’allergène. Ensuite, à l’aide d’une aiguille, on pique légèrement la peau là où se trouve l’extrait.

  • Tests sanguins. Le test de laboratoire permet de mesurer dans un échantillon de sang la quantité d’anticorps (les « IgE » ou immunoglobulines E) propres à un aliment en particulier.
  • Test de provocation. Ce test exige l’ingestion d’une quantité progressive d’un aliment. Il se pratique uniquement à l’hôpital, avec un allergologue.
Le choc anaphylactique est la réaction allergique la plus forte, comportant un risque vital. Elle touche tout l’organisme, à savoir les systèmes : cardio-vasculaire ( troubles du rhythmecardiaque) ; neurologiques (malaise, voire syncope) ; respiratoire (crise d’asthme) ; cutané et muqueux (Oedeme de Quincke, urticaire diffus). Le choc anaphylactique demande un traitement d’urgence adapté, à savoir une injection intramusculaire d’adrénaline (substance augmentant le rythme cardiaque et la pression artérielle, et dilatant les bronches) et une hospitalisation. Les patients à risque ont souvent déjà subi un choc moins important. Généralement, ils savent comment agir en cas de symptômes et conservent sur eux un traitement d’urgence (dose d’adrénaline auto-injectable)

Les principaux aliments allergènes

Les aliments les plus allergènes ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre. Ils varient notamment en fonction du type d’alimentation. Par exemple, au Japon, l’allergie au riz prédomine, tandis que dans les pays scandinaves, c’est plutôt l’allergie au poisson.

L’allergie au lait de vache est celle qui survient le plus fréquemment chez les nourrissons, avant l’introduction des aliments solides. C’est le cas d’environ 2,5 % des nouveau-nés1.

Les allergènes les plus fréquents chez l’enfant sont :

  • l’œuf
  • l’arachide
  • les protéines du lait de vache (le lait maternel ne provoque pas d’allergie)
  • la moutarde
  • le poisson
  • les fruits à coque
  • le gluten

Les protéines de lait de chèvre ou de brebis sont similaires à celles de la vache à plus de 85 %. La majorité des personnes allergiques au lait de vache déclenchent des réactions allergiques au lait de chèvre. Cependant, des allergies au lait de chèvre sont possibles sans allergie au lait de vache

L’ allergie alimentaire chez l’adulte sont souvent liées à la consommation de :

  • certains fruits (pomme, poire, prune, pêche, abricot, fraise, kiwi)
  • poissons, crustacés et/ou mollusques
  • gluten
  • soja
  • mais aussi céleri, moutarde, sésame, lupin

Selon les habitudes alimentaires, d’autres allergies sont possibles : noix exotiques (pécan, macadamia, cajou), sarrasin, millet, quinoa, lait de chèvre et de brebis, fruits exotiques, produits de la ruche (propolis, gelée royale)…

Les allergies croisées

Il s’agit d’allergies à des substances qui se ressemblent chimiquement. Ainsi, une personne allergique au lait de vache risque fort d’être aussi allergique au lait de chèvre, en raison de la similarité de leurs protéines.

Certaines personnes qui se savent allergiques à un aliment en particulier préfèrent s’abstenir de consommer d’autres aliments de la même famille de peur qu’ils ne déclenchent une réaction grave. Il est toutefois préférable de consulter un médecin avant de prendre une telle décision, car exclure des aliments peut créer des carences. Des tests cutanés permettent de découvrir les allergies croisées. Voici un aperçu des principales allergies croisées.

Il arrive que des personnes allergiques au pollen soient aussi allergiques à des fruits ou des légumes frais, ou à des noix. C’est ce qu’on appelle le syndrome d’allergie orale. Par exemple, une personne allergique au pollen de bouleau pourrait avoir des démangeaisons sur les lèvres, la langue, le palais et la gorge lorsqu’elle mange une pomme ou une carotte crue. Parfois, un gonflement des lèvres, de la langue et de la luette, ainsi qu’une sensation de serrement dans la gorge peuvent se produire. Les symptômes de ce syndrome sont habituellement légers et le risque d’anaphylaxie est faible. Cette réaction se produit uniquement avec les produits crus puisque la cuisson détruit l’allergène en modifiant la structure de la protéine. Le syndrome d’allergie orale est une forme d’allergie croisée.

Évolution

  • Allergies qui ont tendance à s’atténuer ou à disparaître avec le temps : les allergies au lait de vache, aux œufs et au soya.
  • Allergies qui ont tendance à persister toute la vie : les allergies aux arachides, aux noix, aux poissons, aux fruits de mer et au sésame.
  • De nos jours, de 5 % à 6 % des enfants ont au moins une allergie alimentaire. Certaines allergies s’atténuent ou disparaissent avec l’âge. On estime que près de 4 % des adultes vivent avec ce type d’allergie.
  • Selon un rapport des Centers of Disease Control and Prevention, l’agence gouvernementale américaine chargée de la prévention, la prévalence des allergies alimentaires aurait augmenté de 18 % chez les moins de 18 ans, entre 1997 et 2007. Le nombre de réactions graves se serait aussi accru. Cependant, comme le soulignent les auteurs de 2 études parues en 2010, les statistiques de prévalence sur les allergies alimentaires varient beaucoup d’une étude à l’autre. Et bien qu’il semble y avoir une tendance à la hausse, on ne peut l’affirmer avec certitude.

Il n’existe pas de traitement curatif des allergies et des intolérances alimentaires. Néanmoins, certaines pistes de recherche travaillent sur la désensibilisation à ces allergènes alimentaires.  L’unique solution consiste pour l’instant en une prise en charge diététique qui consiste à bannir la consommation des aliments incriminés. Cela est plus facile à dire qu’à faire au vu de la complexité des produits agroalimentaires et de leur perpétuelle évolution.

Traitement de l’allergie

Le premier traitement de l’allergie est avant tout l’éviction du ou des allergènes responsables, quand c’est possible.

Cela est particulièrement vrai pour les allergies alimentaires car il n’existe pas de médicaments qui permettent de guérir une allergie alimentaire. Le « traitement » reposait il y a encore peu de temps uniquement sur l’éviction de(s) l’aliment(s) incriminé(s). De nos jours, sous contrôle médical et uniquement après décision de l’allergologue, l’induction de tolérance est parfois proposée. Il s’agit d’un protocole thérapeutique actuel des allergies alimentaires persistantes. En cas de succès, celui-ci améliore grandement la qualité de vie des patients en leur permettant de consommer, à toutes petites doses (forme et quantité définies par l’allergologue), l’aliment en cause.

Cependant, il existe des traitements pour soulager les symptômes de l’allergie tels que la rhinite, l’eczéma, l’asthme… .

Ces traitements ne soignent pas l’allergie, ils ont pour but d’arrêter ou limiter les symptômes d’allergie, et améliorer ainsi la qualité de vie. Et en aucun cas ils ne doivent se substituer aux mesures préventives.

Une fois le diagnostic posé par un médecin, celui-ci peut  vous prescrire, en fonction de vos symptômes : antihistaminiques, corticoïdes, bronchodilatateurs et auto-injecteurs d’adrénaline.

     Les antihistaminiques

Ils bloquent l’action de l’histamine libérée par les cellules inflammatoires lors de la réaction allergique. Ils existent sous forme de comprimés ou  de sirops.

     Les corticoïdes

Destinés à lutter contre l’inflammation générale que provoque le contact avec l’allergène,  ils sont de puissants anti-inflammatoires. Ils existent  sous de nombreuses formes (comprimés, soluté buvable ou injectable, collyre, pommade, crème, spray, poudre). Ils sont joints aux anti-histaminiques si les manifestations ne cèdent pas sous les seuls anti-histaminiques ou d’emblée, en cas d’œdème.

     Les broncho-dilatateurs

Utilisés en cas de manifestations respiratoires, ils sont administrés par inhalation (avec une chambre d’inhalation adaptée à l’âge) et constituent le traitement de la crise lors d’une manifestation asthmatique.

     L’adrénaline

C’est le traitement d’urgence en cas de choc anaphylactique en raison de son action sur le cœur, les vaisseaux sanguins, qui conduit au rétablissement d’une circulation sanguine satisfaisante. Elle existe sous forme d’auto-injecteur, simple d’utilisation. Cette prescription doit s’accompagner d’un apprentissage de la manipulation du stylo auto-injecteur par l’enfant et/ou sa famille ainsi que par tous les tiers intervenants auprès de la personne allergique. Il existe trois spécialités (Anapen, Jext et Epipen) ; relativement identiques sur le principe, chacun de ces stylos fonctionne et se manipule de façon différente : s’entrainer à leur usage est très important.

Il est à retenir que l’adrénaline ne doit pas être considérée comme un recours si les corticoïdes et l’antihistaminique n’ont pas le résultat espéré : l’adrénaline est le seul médicament de la réaction allergique sévère (médicament du premier quart d’heure). Même si l’adrénaline apparait tout en bas de la liste, sur le protocole d’urgence, ce n’est pas pour autant qu’elle doit être employée en dernier, si le reste n’a pas « fonctionné ». L’adrénaline doit être employé tout de suite si les symptômes présents évoquent un choc anaphylactique Pour plus de détails sur ce sujet, lire L’anaphylaxie ou choc anaphylactique

admin. Médecin Généraliste à Empuriabrava et Médecin hospitalier à l’Hôpital de Perpignan, Ancien Médecin Hospitalier au CHU Dupuytren Limoges.

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